03/04/2006

Douzième semaine en cuillères à pot

Dimanche matin, j’appuie sur son épaule. Elle est nue. Je la trouve superbe. Elle se relève un peu en me voyant quitter le lit. J’appuie sur son épaule, la recouche. Je prends mes affaires. Je quitte l’endroit. J’ai oublié mon pull. Je me suis fait larguer et je n’ai pas compris.

Dimanche après midi. Je vaseuse. Je blobloggue. Je me rends une nouvelle fois compte que je fais partie d’une génération malade de ses contradictions, de son manque de sens du combat et de sa futilité exigeante. Je l’appelle. Longue conversation. Elle est reposée, moi pas. Nous parlons longuement. Je ne comprends toujours rien à rien. Le « et je n’ai même pas eu le temps de connaitre tes défauts » me frappe les couilles avec la violence d’une balle de golf tirée de la station orbitale. Elle pleure au téléphone. Je ne sais si elle se fout de ma gueule ou si elle est désolée de ses contradictions. Je suis immensément malheureux sur le moment. Et une fois encore, le doute qui s’insinue en moi : à chaque fois qu’une relation peut porter autre chose qu’un simple coup de pine, elle est vouée directement à l’échec chez moi. Je cherche ce qui fondamentalement ne va pas, tout en n’arrivant cette fois pas à comprendre ce que j’ai pu foirer. Je n’aime pas ne pas trouver. Complètement déboussolé, je flingue ma visa. Je vais dormir, en attendant que ça passe

 

Lundi. Tout fier du document que j’ai pondu et des points de custo installés dans le système. Un bon chienchien…Donne la papatte…Je montre le document à mon connard de client…Tout fonctionne, la démo, les exemples. Vraiment, un beau truc. Le connard me prend lâchement par surprise en faisant un caca nerveux parce que le document ne porte pas l’en-tête de sa société et que donc il insinue lourdement, avec des gros sabots de catho bien con, que je ne suis pas sensé bosser pour la société pendant que je me fais chier à boire son mauvais café. Je repense à la dernière scène que j’ai lu dans american psycho et me demande si ses tripes sont suffisamment longues pour décorer le mur du fond du paysager. Je passe chez mes parents. Je suis de très bon poil, la fatalité n’a pas su s’insinuer en moi.

 

Mardi. Taffe absurde encore une fois. Tenter de développer un truc selon les désidératas d’un type qui n’y entrave que dalle et qui donc rêve çà autre chose. Tenter de lui expliquer que ce n’est pas ainsi que cela fonctionne et que cela ne fonctionnera jamais ainsi. Moment Kleenex quand le petit se rend compte que finalement, non, je ne me fous pas de sa gueule mais que son analyse est réellement à chier. Je joue la montre. Le café est infect. Je rentre et suis pris à la gorge par une énième crise de désespoir. Je me prends à vouloir rechercher toutes mes déceptions amoureuses pour leur demander ce qui ne va fondamentalement pas chez moi. Je suis heureusement encore un peu conscient du ridicule. J’ai de plus en plus des envies de meurtre. Je vais au cours de jiu-jitsu que j’ai découvert à Uccle. La présence de 5 élèves dont trois qui ont moins de 14 ans et deux plus de 40 (parents des précédents) me laisse pantois. Je m’emmerde et ne sue pas beaucoup. J’ai des envies de frappes, pas de tricotage des corps au sol. Emmené au sol, tu lattes d’un coup de tanne, tu t’amuses pas à désosser. Le prof pue de la gueule. American Psycho me plait de plus en plus.

 

Mercredi. Je ne sais plus trop. Je crois que j’ai enfin mis un cadre au mur. Passé la journée à glander en caleçon, même pas pointer. Me fait chier alors je prends l’option autoformation, ce qui signifie glander à fond les ballons. Je crois que la journée n’était pas trop mauvaise pour le reste. Je dois penser à me nourrir. Je recommence à faire me 25 pompes d’affilées. J’ai de plus en plus le sentiment diffus qu’on s’est foutu de ma gueule. Ca me rend fou.

 

Jeudi. Traduction d’une proposition de vente. Me fait chier à traduire du blabla français en blabla anglais. Le travail est inutile, tous nous le savons. On ne participe que pour satisfaire le client qui a besoin de trois offres, le choix étant déjà fait. C’est juste pour récupérer d’autres miettes. Je ne vois aucune finalité. La fatalité peuple un peu plus mes yeux. Je recommence à éprouver ce sentiment de haine confuse qui fait de moi une personne hyper réactive. Je cinémase le soir. Sur un malentendu et sous la pluie, je subis le New World. Le jardin extraordinaire ne dure normalement qu’une demi heure, c’est ça qui le rend supportable. Enfin, j’ai vu un épi de maïs qui jouait vachement bien. Je rentre de fort bon poil, c’est à n’y rien comprendre.

 

Vendredi. Je termine American Psycho. J’ai repris le goût de la lecture et ai monté une caisse de libre de ma cave. J’ai étalé les livres sur le lit et me demande bien ce que je vais entamer. Au pied, déjà 6 livres qui attendent. Finalement, je continue un vieux Pierre Benoit entamé il y a plus de 3 mois. Dans mon bain, j’ai du mal à résister à l’envie de me branler. Je mets mes godasses de plomb pour aller bosser. Message de la fatalité. Je quitte à midi, en pleine crise de rage. Je panique. Je ne vois plus rien, que ce blanc devant les yeux. En voiture, j’ai peur de tuer quelqu’un, et imagine que ce serait tellement libérateur. Je me promène en rue, je vais voir des trucs pour mon appart, je ne bosse plus du tout. Je tremble, je suis mort d’épuisement. J’appelle au secours, je n’ai pas connu une telle crise depuis des mois je pense. Je rentre chez moi et me mets à faire des pompes pour me calmer. Je suis si fatigué, à 5h je vais faire une sieste. Je me lève pour aller chez mes parents, anniversaire paternel. J’ai bien du mal à ne pas exploser devant tout le monde. Je quitte tôt, je rentre, je lis et je bois.

 

Samedi. Je me lève trop tôt. Je prends la voiture et vais chez la fatalité lui porter les petits pains, vu qu’elle doit aller à son putain de cours. Je laisse les petits pains dans un sac anonyme, les glisse devant sa boite aux lettres et rentre chez moi. Ils y sont peut être toujours, ou bien on été emmenés par un voisin, ou mangé par un amant de passage le sourire aux lèvres, ou bien je ne sais. Revue des tatoueurs bruxellois. Le foireux qui est sensé potasser un projet n’a rien foutu. Je passe chez les autres qui me convainquent que mon idée n’est pas des plus heureuses. Je me sens con. Je passe chercher les cadres qui ont flingué la visa. Je ramène la copine qui a supporté mes états d’âme et vais faire des courses. Je tente vainement de me resociabiliser. Je cuisine, nouveauté et ratage un peu gras. La cuisine suinte l’huile, c’est répugnant, on se croirait au Fist Fuck Playa Club. Le couple d’amis débarque avec une copine, nouvelle célibataire qui squatte chez eux depuis qu’elle a licencié son mec. C’est le printemps, le grand brassage des gênes. Vivement le prochain hiver. Le repas se déroule sans anicroche. Je bois. Trop.

 

Dimanche. Gueule de bois. Je baballe dans le but après être passé au Fourquet voir si le type qui jouait du piano dimanche dernier y est encore. Douche vite prise, rouge du manque d’explosivité que la vie d’hôtel m’a offert et appeler une amie pour lui annoncer mon sempiternel retard. Je ne me referai pas, de ce côté. Je me resociabilise et recontacte petit à petit les non morts de mon agenda. Le grand brassage des gênes, une nouvelle fois, elle chez sa mère pour laisser une place à la réflexion chez un compagnon qui a du mal à dire oui aux questions fondamentales. Une nouvelle fois, nous sommes en plein fight club. Grande discussion sur le côté malsain et inutile du trentenaire. Je développe une théorie entre deux verres de vin sur le manque de passion, de courage, d’engagement et le narcissisme de notre génération qui en découle, illustrant cela par les feuilletons qui marchent si bien : friends et sex and the city…Je ne sais pas en fait si elle passe un bon moment, ce que je lui dit est forcément peu positif. Deux de ses copines se sont fait larguer cette semaine. Son frère compte rentrer lui aussi chez sa mère. Nous brassons tous les gênes. Je lis la maison des Harkonnen. Je me dis que quand on s’appelle Herbert, on devrait faire un peu de tout, sauf de la science-fiction. Pourquoi pas du vélo, à la place du fils Merckx ?

14:20 Écrit par Lester | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

... Et ben.... (je remplis mais c'est pour dire que j'ai lu ça d'une traite et que j'aime bien la putain d'urgence qui s'en dégage).

Écrit par : HL | 03/04/2006

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Écrit par : Daryl | 10/07/2013

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