14/04/2006

semaine 13 et partie de semaine 14 en cuilllères à pot

Lundi. Je ne sais plus. Je crois que je glande au bureau. J’ai des trucs à préparer dans le cadre d’une Démo. Je m’ennuie fortement. Dans la voiture, je «lis « petites natures mortes au travail ». Je ne fais plus rien de ce que j’avais l’habitude de faire. J’ai rangé chez moi. Il fait propre, net, enfin je crois. Je ne sais plus trop quand j’ai bien pu faire une telle chose. Une copine passe. Elle me rase le crâne.

 

Mardi. Je reviens de Gosselies. Le type qui fait appel à nous me fait penser à une poule sans tête. Il part dans tous les sens. Je pose une grande étiquette « connard » dessus et m’enferme dans un mutisme d’aloi je ne sais quoi. A 19h, je quitte la détention carolo pour un retour embouteillé vers Bruxelles. Le ring est mort. Je fais un tour bizarre pour repasser sur la nationale 5 à partir de Nivelles. En fait, je fais tout pour arriver en retard au rendez-vous que j’ai moi-même fixé et que je tiens à maintenant éviter au plus haut point. Je téléphone à la fatalité, lui laissant un mot, proposant de remettre à plus tard, d’attendre ou de remettre à jamais. Elle attend. Ca me fait chier. J’arrive. Nous blablatons gentiment. En soi, cela se passe mieux que ce qu’on pouvait attendre. C’est moins conflictuel. Plus désespérant une fois encore quand elle lâche la bombe « tu sais, je me disais que j’allais te recontacter mes tes colères m’ont trop effrayées ». Ca soulage et puis ça transfère la culpabilité, j’imagine, quoique le mot soit un peu concon. J’encaisse mal, je dois bien admettre, même si je commence à me rendre compte que une partie de tout cela n’est finalement pas un gros foutage de gueule. Ca ne fait partie que de ma longue descente aux enfers, finalement. Nous payons chacun notre part.

 

Mercredi. Eniène jour du reste de ma vie. Je cours. L’imbécile Gosselien m’a mis dans tous mes états. Je rêve de le voir crucifié, la tête en bas, sur une aile d’avion. Hélas, ce genre de happening amusants ne se déroule que dans ma fantaisie. Rentré chez moi, je vais courir. Je suis plein de bonnes intentions. Je crois que je suis rentré de bonne humeur, essoufflé, suant. Le soir même, j’appelle une amie pour aller partager sa couche. Nous ne baisons pas.

 

Jeudi. Enième jour du reste de ma vie + 1. Je suis à Louvain-La-Neuve. Je ne sais plus ce que je fais là. Ca devait certainement être palpitant. Je passe ma main dans mes petits cheveux et regarde avec plaisir les poussières qui s’en détachent. C’est répugnant, en fait, raconté ainsi. Je n’ai qu’une chose en tête, retourner dans ma voiture, écouter un peu de Nine Inch Nails et aller courir. Il fait beau, je crois. Je roule trop vite pour rentrer. Cest amusant de savoir que je vais si vite, il n’y a rien qui puisse m’attendre et je suis en redécouverte du temps. Je rentre chez moi, mets mes godasses et vais courir. Le tour me semble moins long que la veille. Le soir, je pose les cadres que j’ai acheté il y a deux semaines. Ca me libère. J’ai l’impression de perdre ma seconde main gauche.

 

Vendredi. Enième jour du reste de ma vie + 2. Je termine à Louvain-La-Neuve. Je fais de la doc dans tous les sens. Enfin, c’est décoratif et ça amuse le client, alors je fais. Triste con. Il a les cheveux mous, sales, jaunes dégueu, tirés un peu sur le côté, mal et peu nettement. Adolphe en blond et en moins soigné. Des cheveux de pauvre type, me dis-je. Il me raconte que ses grands souhaits n »étaient pas de faire ce qu’il fait. Il aurait voulu travailler dans la finance. J’ai du mal à ne pas lui taper dessus, pour son droopisme de merde et ses souhaits encore plus à chier. Je fais le minimum syndical, 17H30 et je me barre. Je rentre, me change et vais courir. Je commence à réellement en éprouver le besoin. Le tour que je fais me semble plus court que précédemment. Je me dépêche, me lave vite et vais rejoindre une copine dans le centre-ville. Conversation de néo non fumeurs , sortes de fanatiques un peu concons hystériques. J’adore qu’on me demande fumeur-non fumeur et que je puisse répondre non-fumeur. Nous mangeons un hamburger place de Broukère. L’endroit est comme toujours comble. La salle est bleue de fumée. J’aime l’odeur. V or Vendetta et quelques blablas plus tard, elle me retape près du palais royal. Je veux rentrer à pied mais trouve encore un tram esseulé qui me reconduit au bout de l’avenue louise. J’aime marcher le soir en ville, j’aime y imaginer tant d’histoires. Je rentre de fort bonne humeur. Je n’ai pas bu, pas fumé. Je ne baise pas.

 

Samedi. Je range. Ce soir, il est prévu que je fasse à manger. Je traine la journée, passe chez un connard d’encadreur avec une voix mielleuse qui s’appelle Bernard. Je le hais. Il me tend mon cadre, est tout content du cash que je lui donne. Bernard n’aime pas trop les virements. C’est compliqué, les virements. Le cash, c’est beaucoup plus simple, le cash. Je reprends mon cadre en me disant que j’aurais du le faire chier en demandant une réduction pour le payer en cash. Je fais aussi partie de ce système pourri, finalement. Et j’ai pour le moment des tendances à vouloir m’y réintégrer en force. Je rentre, je pose le cadre. Je ne sais plus ce que je fais. Je crois que j’ai commencé « China Lake » de je ne sais plus qui (anthony Hyde, c’est possible) ? C’est fouillé, long, avec pas de paragraphes et des chapitres qui n’en finissent pas. C’est pas mal, aussi, soit dit en passant, même si ça ne restera certainement pas immortalisé chez lire est un gros plaisir de mes couilles. Je réfléchis à ce que je vais faire ce soir et décide de ne pas me fatiguer. En faisant mes courses, je me rends compte que je hais réellement les vieux. Leur cynisme. Leur absence de vergogne en ce qui concerne l’avenir. Leur mentalité après nous les mouches qu’ils reprochent aux générations les suivants. Je repense à Narayama de Fukazawa, tout en cherchant des curry shorwood et des œufs au rayon exotique, des tomates et des œufs. Je tourne comme un con en me demandant pourquoi la balance ne veut plus imprimer ce que je dois à monsieur GB de tomates. On me montre la casse du doigt. Je fais « ah ». Je dois subir l’humour bonasse des gens dans la file. Je regrette de comprendre le français et me surprend à imaginer être ailleurs. Mon tour, je paye et donne généreusement mes points happy days à la dame qui me suit. Méthode de drague pour les ménagères de plus de 55 ans, je confirme. J’espère ne pas devoir m’en resservir dans le futur. Mes parents viennent manger. Je prépare des escalopes de veau, une ratatouille de légume et des pâtes fraîches. Ca sonne un peu branleur comme ça. Nous causons un peu. Ma mère m’inquiète de plus en plus. Chaque société, chaque organisme, chaque sentiment, chaque émotion est faite pour vivre, croître et mourir. J’ai un peu plus de mal avec le concept quand il se porte sur des noms trop proches.  L’après midi, je range et traine. Je vais courir, changeant la sélection de MP3-enfin-. Remontant la rue Edith Cavell, je me demande si écouter « Bullet in the head » à fond est vraiment quelque chose qui me calme, même si je cours. Je prépare le repas du soir, et attends. On me pose le lapin du siècle. Difficile de résister au plaisir de le raconter. Donc, en fait, on est pas là parce que en fait on a eu un accident de voiture et qu’on est dans le coma mais que bon on est quand même connectée sur MSN parce que c’est un copain qui se loggue sous l’identité et qui prévient les gens tout en laissant bien un grand « en congé ». Et moi, je trouve ça sympa, de sortir 5 minutes du coma pour dire à un ami de prévenir les gens en donnant son mot de passe et son pseudo.  Enfin, sur certains sites, on peut voir des comateux se connecter régulièrement. En fait, je ne râle pas vraiment. La seule chose qui m’emmerde, c’est que j’ai déjà cuisiné et que je ne sais quoi faire de ces scampis au curry Madras et coco. Je bouffe devant mon PC, à même la casserole. Je m’engueule avec une copine qui a tenté un truc bizarre entre son mec et moi. Je crois que personne ne comprend réellement ce qui se passe. Nous nous lisons en chien de faience. Il a le bon ton de quitter une conversation qui ne le concernait pas. On me demande de faire de même. Cette énième déconvenue ne marque pas d’une pierre blanche l’extension du domaine de ma lutte. Une copine passe. Nous regardons Chungking Express. C’est superbe mais je ne le goute pas. Je viens de niquer mon froc tout propre d’une belle tache toute rouge d’infamie et sauce. Je bois ma bière en canettes de 50. Je suis vautré dans un pouf. Je m’endors presque en regardant le film. Nous allons nous coucher. Nous ne baisons pas.

 

Dimanche. Il fait beau. Je fais un thé à la copine. Elle se plaint, j’ai confondu citron vert et menthe. C’est possible. Je mange un pamplemousse et me barre. Il fait beau. J’ai des envies de brocante. Je passe ainsi quelques heures à faire preuve de mauvaise foi avec d’autres personnes de mauvaise foi. Je joue au squash avec un ami. Je n’ai pas joué depuis 6 mois au moins. Je me fais massacrer. Il s’emmerde. Ca se voit. J’ai presque honte. Pour la première fois depuis 5 jours, je ne vais pas courir. Nous prenons des bières sur la grand place. Je retisse des liens tous détendus. Je me dis que la Fatalité avait raison et que la vie se situe ailleurs. Je remarque que la comateuse passe beaucoup de temps sur internet. Je me demande pourquoi je dois toujours prendre des décisions guidées par ma bitte. Je ne range rien de ce que j’ai ramené. Je passe chez une amie. Son ancien mec débarque. Cela se passe mal. Même en rage, je n’atteint pas son niveau de connerie et de grossièreté. Il est très nerveux. Je recule d’un pas pendant qu’il fait son show. Je tremble. Je recule pour qu’il ne rentre pas dans mon cercle et que je ne sois pas dans le sien. J’ai toujours envie de me battre. Je suis à 1,2 mètre de lui. J’ai passé ma sacoche autour de moi, qu’elle ne me gène pas. Il ne fait pas un pas. Il continue son étalage de vulgarité et de connerie sans nom. Il n’avance pas et n’avancera jamais. J’ai envie de me battre, je tremble, de rage et de stupeur, je n’avance pas non plus dans son cercle. Je me sais prêt.

Je passe la nuit chez la copine, discutant de certaines choses qu’elle doit régler. Nous ne baisons pas.

 

Lundi. Je carolorise. J’ai rarement eu l’occasion de voir des gens autant attachés à leurs petits droits de merde et refusant totalement une quelconque responsabilité. Se plaignant de tout. Une des deux bonnes femmes est enceinte. Elle me dégoûte des enfants. J’ai souvent entendu des gens dire qu’ils ne veulent des gosses qu’à partir d’un certain âge, qui varie entre 4 et 8 ans en général. Je me dis que je ne veux pas de femme enceinte. En tout cas, pas celle là. Je pense à la conjuration des imbéciles et me demande ce que je fous dans ce grand non sens wallon. Je regarde des gens surfant sur les sites de météo et de journaux en se plaignant de l’augmentation des cadences. J’ai des envies de déportations dans des camps pour sabotage industriel et cause d’ennemis du peuple. Je rentre chez moi. Je vais courir. Je ne sais plus ce que je fais le soir.

 

Mardi. Je carolorise j’imagine. Je crois que je me sens bien. J’accepte de plus en plus bien des choses et lutte moins. Je suis partiellement reposé, et donc calme. J’ai contacté la voiture rouge pour lui proposer une glace. Elle accepte. Je vais courir. Le tour se rallonge maintenant, je mets une ou deux rues en plus, ne les sens pas. Je ne cours pas encore assez mais ça s’améliore et me semble de plus en plus naturel. Je suis en sueur. Elle sonne, ne monte pas. Je descends. Nous mangeons une glace, passons une bonne soirée.  Nous allons prendre un verre dans un endroit place du châtelain que j’apprécie un peu, puisqu’on y passe du vrai jazz et que le coté tendance y est réduit à sa portion congrue. D’ailleurs, je me demande si l’endroit fonctionne vraiment. Je conduis sa voiture. Lui montr le Dieweg, la nuit. Je lui donne la main. Elle ne veut pas que nous pénétrions dans le cimetière de nuit. En soi, cela m’arrange, même si cela doit être assez marrant de se promener dans le noir le plus complet au dieweg. Dans la voiture, nous nous embrassons. Follement. Je la ramène chez moi. Au matin, je la retrouve penchée sur moi, à me renifler. Les choses changent. Je ne la regarde plus de la même façon. Je sais que cela ne durera pas. Je ne fais là que profiter un instant de la vague. Elle me trouve plus sûr de moi. C’est normal, je suis peu motivé et je n’ai que peu à perdre, sachant déjà que je perdrai, mais que cette fois cela n’aura pas d’importance. En soi, cette situation est terriblement triste. Je le vis bien. Je lui fais un café, joue un peu avec ses poils. Lui propose un pamplemousse. Elle s’en va bosser. Je fais de même, sans trop d’envie. Elle sent terriblement bon.

 

Mercredi. Je m’emmerde au taffe. Le client est toujours aussi impossible à calmer. Par SMS et pour une énième connerie, la voiture rouge et moi nous nous engueulons. Cette fois, je réagis et pose ce que je pense. J’améliore mes insultes en italien. Je regarde cela, un peu amusé en fait, un peu déçu. Mais bon, si il faut retenir quelque chose de cela, proposer de passer chez quelqu’un après 20h30 signifie qu’on la prend pour une pute. A méditer quand j’aurai le temps pour cela. Le journée est gâchée. Je passe la soirée chez mon père que se livre quant à l’état de santé de ma mère. Je hais les vieux, les italiennes, mes improbables collègues, etc etc. De plus en plus, j’ai des aspirations de mettre fin à tout cela.

 

Jeudi. Même chose que mercredi, sauf que le flot de SMS insultants s’est tari. J’essaye mollement de recoller les morceaux, mais ne me fatigue pas à cela, n’en ayant que peu envie finalement. Ceci est juste si inutilement attristant. Je me surprend à ne même plus publier ce genre de non événements. La voiture rouge perd de sa superbe, dommage, elle a un cul magnifique. Le client me laisse rester jusqu’à 22H30. Je me dépêche de rentrer chez moi pour aller courir. Je rêve qu’on me fasse chier en rue. Je n’attends que cela. J’ai des envie de sang. Des condisciples de l’école des fan passent. J’écoute, las, les délires je t’en fous plein dans la vue d’une histoire de cartes de visites de Waldorf. J’ai envie de bouffer la carte de visite qu’on m’exhibe au bout du nez. Je suis fatigué, nerveux, suant. J’ai faim. Je bois. Beaucoup.

16:22 Écrit par Lester | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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